La course à pied

Je me dirige vers la tente pour changer d’équipement. Ici point de hâte pour se changer, on s’apprête tous à nous élancer sur un parcours CAP exigeant, avec peu de ravito. C’est aussi l’occasion de discuter et de constater que d’autres athlètes se sont également perdus, beaucoup se plaignent de la mauvaise signalétique… Après avoir rempli mon camelbak je m’élance en CAP au coeur de Chamonix. La foule en liesse est là pour nous encourager…haha… ouais ouais c’est ça rêve toujours, on a couru dans l’ignorance la plus totale. A chaque bout 500m un bénévole nous indique le chemin jusqu’à ce que l’un d’entre eux m’indique de continuer tout droit et de tourner à gauche au niveau de la rivière. Je continue en slalomant entre les piétons, on est samedi et Chamonix est bondé. Pour la faire court, j’ai continué tout droit sans jamais trouver de rivière. J’appelle l’organisateur en lui indiquant ma position, il n’informe que je me suis égaré loin du parcours. Je suis ses instructions et reviens sur mes pas et je prend le bon chemin en localisant la rivière, avec toute la foule je ne l’avais pas vu. Bref, je continue tout droit à la recherche de bénévoles mais je n’en trouve aucun et j’ai encore l’impression de me perdre. Je demande aux passants s’ils ont vu d’autres coureurs et me répondent par la négative. Honnêtement, toute mon envie de poursuivre la course s’envole et je suis a deux doigts d’appeler les organisateurs pour abandonner.

Je reviens sur mes pas et je vois une athlète prenant le même mauvais chemin que moi et m’affirme que c’est bien par là. A ce moment, je me suis senti perdu et bête. Dans un dernier espoir avant de renoncer à poursuivre, j’appelle ma compagne présente au village expo pour qu’elle demande à l’un des organisateurs le bon chemin. Après quelques échanges, je vois quelques coureurs devant moi et je les rejoins, je réalisais que des flèches étaient tracées au sol mais je ne les avais pas vu avec la foule. D’ailleurs, à part les 3 ou 4 bénévoles que j’ai croisé il n’y en aura plus aucun pour la suite (au niveau de Chamonix même j’entends)… un peu léger pour un évènement de cette taille… on est un loin de l’organisation du tri de l’Alpe d’Huez. Au final, juste sur cette mésaventure j’aurai perdu 20 mins sans compter les kms inutiles parcourus et le manque de panache que j’avais. Bref, j’oublie la recherche de la performance et j’essaye juste de profiter.

J’atteins rapidement le pieds de la montées qui nous mènera au signal Forbes en gros faut compter 1000m de dénivelé en 6kms …c’est énorme. Comme un grand amateur que je suis, je tente de courir sur les 100 premiers mètres mais je me rend vite compte que je dilapide mon énergie donc je monte plus lentement mais en gardant du rythme. Je savais d’ores et déjà que je serai très lent en descente donc autant mettre les bouchées doubles en montée. Pour mon premier trail. j’ai du mal a trouver les bons appuis et je me tords la cheville plusieurs fois (sans gravité). Après une bonne trentaine de minute d’ascension on atteint le premier ravito matérialisé par le chalet de David qui nous propose des jus et des poires préparés par ses soins. Il a également monté plusieurs jerricanes d’eau la veille à la force de ces bras, costaud le gars! L’ascension continue et les derniers hectomètres sont difficiles, les cuisses brûlent mais l’envie d’aller jusqu’au bout est là!

La mer de Glace

La mer de Glace

Pour le coup, le balisage de la partie trail est nickel, de petits drapeaux étant posés sur le sol régulièrement. Une fois arrivé là-haut on se recoit une claque tant les paysages est beau. Qu’elle est belle la récompense après cette dure ascension, je m’arrête quelques instants pour prendre des photos, mais aucune photos ne pourrait restituer l’émotion ressenti à ce moment. Le parcours continue avec une partie qui s’appelle le Balcon qui monte et descend régulièrement. Le terrain est très technique avec des cailloux de toutes les formes possibles qui rend la marche difficile (moi je n’étais habitué qu’au sentier de la forêt de Meudon ou ceux du parc de Saint-Cloud)!

Arrivé au dernier ravito au niveau du téléphérique qui mène au pic du midi, il est temps de commencer la descente vers Chamonix.  Impossible de courir sous peine de me tordre la cheville, c’est en trottinant que je descend et me fait doubler par quelques concurrents.  Je les laisse passer, le plus important est d’arriver entier à l’arrivée. Clairement, je sens que je suis mentalement usé et je n’arrive plus à lever mes pieds et je manque de trébucher à plusieurs reprise. La descente semble interminable en pendant un long moment on n’a juste l’impression de ne pas baisser en altitude. Après 1h20 de descente j’arrive finalement à Chamonix et je passe la ligne d’arrivée soulagé et FIER après 10h40 d’effort dont 5h26 juste en CAP (incluant le temps perdu)!

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