Dossard alpe d'huez

Dossard alpe d’huez

C’est avec beaucoup d’émotions que j’écris ce compte-rendu étant donné le pic de sensations que le triathlon de l’Alpe d’Huez m’a procuré. C’est de loin le triathlon le plus beau et le plus dur auquel j’ai participé cette année (remarque j’en avais fait que deux avant alors bon…). Cette compétition revêtait un caractère spécial puisqu’il s’agissait de mon premier triathlon au format longue distance et ma première fois sur des routes de montagne.

 

L’avant-course

Ce triathlon constituait une étape majeure de ma saison étant donné que c’était mon premier triathlon au format long et ma première fois en montagne mais également dû à la préparation spécifique que je lui ai accordé. En effet, ayant fait le mois de ramadan qui s’est terminé la première semaine de Juillet, ça ne me laissait que 3 semaines de préparation spécifique pour me rétablir physiquement. Je tiens à ce propos à remercier ma nutritionniste Corinne Peirano qui m’a suivi pendant et après le ramadan en me proposant un plan nutritionnel qui m’a préparé au mieux à cette compétition. Outre ces précieux conseils pour préparer cette épreuve, elle m’a conseillé un plan nutritionnel pendant l’effort qui s’est avéré très efficace compte-tenu de la super forme que j’avais à la fin du triathlon (une conclusion qui sera confirmé au triathlon Evergreen 118).

Pour l’occasion, ma compagne et moi avons séjourné plusieurs jours pour découvrir la région. On était installé à l’hôtel Castillan qui accueillait beaucoup de triathlètes dont plusieurs du RMA Triathlon Paris. Je recommande vivement l’hôtel à toutes personnes se rendant sur la station de l’Alpe d’Huez, nous avons passé un agréable séjour et passé de bons moments avec les triathlètes du club dans la station.

Le jour de la course

Je descends prendre le petit-déjeuner avec les amis du club et on se donne rendez-vous à 8h pour descendre vers le lac Verney, le départ étant donné à 9h30. S’étant perdu en route et étant parti un peu à l’arrache, on arrive à l’entrée du parc à vélo 30 min avant le départ, donc juste le temps de se changer et de se rendre sur le plan d’eau sauf que…. sauf que mon pneu arrière est sous-gonflé et j’étais persuadé l’avoir vérifié avant de prendre le départ.

Je n’ai clairement pas le temps de le changer avant le départ natation et le pneu semble se dégonfler tout doucement donc je décide d’opter pour une stratégie à ne jamais appliquer: le regonfler à bloc en espérant qu’il tiendra d’ici la fin de l’épreuve vélo… mal m’en a pris comme je vous l’expliquerai plus tard. Les arbitres commencent à chasser les retardataires du parc à vélo dont je fais partie. Lorsque je m’immerge dans l’eau, il faut nager 100m pour atteindre la ligne de départ mais à peine mouillé que le départ déjà est lancé et c’est ainsi que je pars avec un train de retard. Ce triathlon ne s’annonce pas sous les meilleures auspices…

La natation

Ce sont deux boucles à réaliser pour finir les 2200m. L’eau était annoncée à 15 degrés donc plutôt fraiche mais pas de quoi nous tétaniser. Ayant pris du retard au départ et n’ayant pas eu le temps de changer mon pneu je n’arrive pas à me concentrer sur ma nage et je n’avais pas de bonnes sensations. Je finis la partie natation en 50mn en ayant parcouru 2400m à cause de mon départ et des zigzags que j’ai dû faire. Bref, il est temps d’aller me changer et la première chose que je fais c’est de vérifier l’état du pneu et là comme attendu, il a perdu en pression. A ce moment là, j’ai fait le con et j’ai quand même pris le vélo en pensant qu’il serait mieux que je le change plus tard que dans le parc à vélo ce qui évidemment a été une erreur.

Le parcours vélo

d9900-11e-triathlon-edf-alpe-dhuez-profil-velo-tri-lEn général, la stratégie que j’opte en triathlon en ce moment, c’est de tout donner à vélo pour rattraper mes lacunes en natation. Mais étant parti avec un handicap certains en natation, j’avais déjà de moins en moins envie de tout donner à vélo.  Néanmoins, à peine sorti du lac, j’envoie la patate jusqu’au col de l’Alpe du Grand Serre ce qui me permet de rattraper plusieurs concurrents. Au premier tiers du col, je suis obligé de poser pied à terre car mon vélo est littéralement collé au bitume…il est alors temps de changer mon boyau. Voir pas mal de concurrents vous passer devant à cause d’une crevaison porte un vrai coup au moral et une fois mon boyau changé je me retrouvais avec un problème de taille car je n’avais pas où ranger mon boyau défectueux avec toutes mes poches arrières pleines à craquer. Je perds encore quelques minutes à le plier et le ranger pour qu’il prenne le moins d’espace possible, c’est donc au total 15 min que je perds en plus de mon retard au départ de natation. Là, toute l’envie de se déchirer pour ce tri s’est envolé et je décide d’y aller plus doucement et juste de savourer les paysages, ça m’a également permis de discuter avec une dizaine d’autres concurrents et réaliser que ce triathlon est vraiment international avec la diversité des nationalités présentes. Pendant l’ascension du premier col, je me rends compte à quel point c’est long de monter un col, normal vu que ma plus longue ascension durait moins de 10mn en vallée de Chevreuse à ce moment. Ce col est assez facile à monter car à l’abri du soleil et de la chaleur, il suffit d’avoir le bon développement et ça passe bien.

13920391_263593280690654_8517458791499318841_oArrivé au sommet, je m’arrête au ravito pour faire le plein de bidon, manger quelques biscuits salé pour varier du sucré et c’est parti pour une descente vraiment technique. Il y a beaucoup de virage en épingle au début et étant donné que la circulation n’est pas coupée dans le sens inverse il faut veiller à tourner sans franchir la ligne du milieu, un exercice auquel je ne suis pas habitué. Je freinais donc beaucoup à l’approche d’un virage et j’accélérais assez fort juste après pour rattraper mon « retard ». A ce moment de la course, le soleil commençait à frapper de plus en plus fort, il fallait veiller à s’hydrater correctement. Pour arriver au deuxième col du parcours (Col d’Ornon) il fallait passer par plusieurs routes qui ont été parfaitement bien aiguillées par les nombreux bénévoles présents sur le parcours. Je tiens particulièrement à les remercier puisqu’ils étaient réactifs à l’approche d’un carrefour pour indiquer le bon chemin et ont toujours veillé à bloquer les voitures pour ne pas être gêné. Le deuxième col du parcours est très particulier puisque très long avec un faible pourcentage de denivélé au début. A vrai dire, je ne me suis rendu compte que je le montais que sur les derniers kms là où la pente s’élève brusquement. A ce moment, le soleil tape fort et j’ai du mal à passer les 3 derniers kms tellement j’étouffais. Les jambes répondaient bien, mais à peine que je tentais une accélération, mon corps était en surchauffe. J’attends avec impatience le ravito au sommet où je me suis désaltéré avec des pastèques et de l’eau, j’y ai quand même passé une bonne dizaine de minutes le temps de refroidir. Il était à présent temps de me diriger vers le dernier col du parcours: l’alpe d’huez. Pour cela, il fallait d’abord redescendre vers bourg d’oisans, la descente n’était pas très technique donc j’en ai profité pour retrouver de bonnes sensations. Arrivé à Bourg d’Oisans, je me dirige vers la montée de l’Alpe d’Huez sans m’arrêter au ravito et je m’élance dans le premier lacet… et putain ce que ça grimpe fort et sec. Je me mets au développement le plus faible ce qui me permet de maintenir une vitesse de 10km/h sans trop forcer, c’était parfait car il fallait que je me préserve pour la partie course à pied qui s’annonce difficile à 2000m d’altitude. Mais ce n’est pas d’un manque d’énergie dont je suis victime mais de surchauffe, il était à peu près 15h et le soleil frappait vraiment fort, c’était la fournaise.

Arrivé au premier ravito situé à La Garde, j’étais à court d’eau et j’étais obligé de m’arrêter et de faire le plein d’eau et m’asperger le visage à cause de la forte chaleur. Je continue ainsi l’ascension jusqu’au sommet que j’atteindrai en 1h20. Heureusement que les températures baissent sur les derniers lacets, cela permet de retrouver des couleurs.

Par ailleurs, sur le dernier lacet je tiens à remercier ma compagne qui a couru un bon 500m à mes côtés pour me soutenir, on ne peut rêver meilleur coup de fouet. Avec du recul, un point auquel je n’avais pas du tout songé avant cette épreuve est la gestion des ravitaillements. Ayant mes propres bidons et mes propres produits, je me suis arrêté à quasiment tous les ravitos du parcours pour remplir les bidons, et mettre mes produits ce qui m’a fait perdre au cumul 30 min (avec la crevaison toussa toussa). La prochaine fois je prendrai les bidons d’eau fournis par l’organisation à la volée dans les ravitos ce qui m’aurait éviter de perdre autant de temps.

Je descends du vélo après 6h sur la selle et il est temps de chausser ces chaussures pour boucler les 20 kms de CàP à 2000m d’altitude.

Course à pied

13909041_263593284023987_6551307948455930962_oLe parcours est composée de 3 boucles de 7 kms à parcourir à 2000m d’altitude. C’est ce dernier point qui fait la difficulté de la CàP dans ce triathlon. Donc je commence par la première boucle qui me permet avant tout de prendre mes marques et de retrouver des bonnes sensations. Les jambes ne répondent pas si bien, le souffle est un peu court, j’accuse le coup. La première partie de la boucle consiste en une longue montée graduelle et puis ça descend sec à la fin, j’en profite pour combler un peu mon manque de jus en ce début de course à pied. Je croise également Pierre du club qui a au moins une boucle d’avance sur moi. Après la première boucle, les jambes commencent à bien r
épondre et le souffle est là. Ayant pris mes marques, c’est d’une foulée plus sûre que je terminerai cette course à pied. Les nombreux ravitaillements présents sont l’occasion de se rafraichir à base de pastèque et varier du sucré avec les quelques biscuits TUC proposés (j’adore ces biscuits miam). Je finis donc cette compétition en 9h13 dans une forme olympique et sous les encouragements de ma compagne qui comme d’hab est présent au final :).

Conclusion

13731598_10157318975370096_6584724922120230735_nEn conclusion, le triathlon de l’Alpe d’Huez au format L est exigeant à vélo et la chaleur peut vite devenir étouffante. Je saisis l’occasion de remercier les nombreux bénévoles qui ont fait de cette épreuve un évènement très bien organisé et agréable. Pour la première fois, j’ai levé le pied en compétition et j’ai découvert que cela permettait de passer l’épreuve plus facilement, de mieux savourer les nombreux paysages, faire des connaissances éphémères à vélo et surtout de ne pas finir cassé. Le seul point négatif est la partie course à pied dont le parcours est composée de 3 boucles elles-même composée de U-turn ce qui rend cette dernière partie monotone et ennuyeuse à mon goût.